Xiaomi choisit Hong Kong pour entrer en Bourse

xiaomi
@ Xiaomi

Xiaomi a déposé jeudi son dossier d’introduction en Bourse de Hong Kong, une opération qui pourrait atteindre les 10 milliards de dollars (8,35 milliards d’euros).

Il s’agirait alors de la plus grosse introduction en bourse dans le secteur high-tech chinois, depuis celle d’Alibaba, qui avait levé 21,8 milliards de dollars en 2014 à New York.

Fondée en 2010 à Pékin, Xiaomi (« petit grain » en chinois) a connu une trajectoire impressionnante en produisant des smartphones de milieu de gamme à prix cassés.

Sa marge brute sur les smartphones était de 8,8% en 2017. A titre de comparaison, les iPhone X et iPhone 8 d’Apple dégagent des marges brutes de l’ordre de 60%.

Les Smartphones Xiaomi à la Conquête du monde

Grace à cette stratégie, Xiaomi est devenu cette année le cinquième vendeur de smartphones dans le monde, juste derrière Oppo, Huawei, Samsung et Apple.

Certes, le modèle a ses limites : Xiaomi a enregistré des pertes nettes en 2017, de 6,9 milliards de dollars et le groupe tire pour le moment l’essentiel de ses profits des services internet (distribution de contenus vidéo ou musicaux en ligne).

Néanmoins, son chiffre d’affaire progresse de 67,5 % sur la même période, en partie grâce aux marchés émergents (Indonésie, Russie et surtout l’Inde).

D’ailleurs, Xiaomi n’est pas qu’un fabriquant de smartphones. L’entreprise commercialise toute une gamme de produits connectés, des rice cookers aux aspirateurs robots en passant par les trottinettes électriques et les purificateurs d’air.

La marque est paradoxalement peu présente à Hong Kong. Elle n’a pas pignon sur rue et n’a ouvert que deux showrooms ; l’un situé à Causeway Bay, l’autre à Mongkok.

Le groupe se tourne aussi vers les marchés plus matures : après s’être installé en Espagne l’an dernier, Xiaomi ouvre dans deux semaines, à Paris, sa première boutique française.

Hong Kong autorise les actions à droit de vote multiple 

Pour son introduction en bourse, Xiaomi va profiter de nouvelles règles offertes par la Bourse de Hong Kong afin d’encourager les candidats chinois à la cotation.

Depuis deux semaines, Hong Kong autorise en effet la cotation des actions à droit de vote multiple, donnant ainsi la possibilité aux fondateurs ou aux dirigeants d’une entreprise de conserver le contrôle même avec une petite part du capital.