Victoire judiciaire d’un couple de lesbiennes à Hong Kong

Visa lesbiennes Hong Kong
@ Getty Images

La plus haute juridiction hongkongaise a accordé mercredi à une lesbienne britannique un visa de conjoint, une décision qui devrait faire date.

La Cour d’appel final de Hong Kong examinait le dossier d’une Britannique privée d’un visa marital parce qu’elle est en couple avec une femme.

Être expat et gay : une galère

La requérante, identifiée seulement sous les lettres « QT », est arrivée à Hong Kong en 2011 après avoir conclu en Grande-Bretagne un partenariat civil avec « SS ». Cette dernière s’était rendue à Hong Kong pour y occuper un nouvel emploi.

Hong Kong ne reconnaît pas le mariage gay ni les unions entre personnes du même sexe, et QT n’avait pu obtenir un visa de dépendant, qui permet de travailler.

Elle avait obtenu gain de cause en septembre auprès de la cour d’appel mais le gouvernement avait fait appel de la décision.

Conserver la capacité d’attraction de Hong Kong

Les visas accordés aux gens qui viennent travailler à Hong Kong le sont car « il ou elle a le talent ou les compétences jugées nécessaires ou désirables. »

Cette personne peut être hétérosexuelle ou gay, a fait valoir la Cour d’appel final.

« La capacité à faire venir les dépendants est un facteur important pour les personnes qui sont en train de décider d’aller ou non à Hong Kong », a poursuivi la Cour, estimant qu’il était « contre productif » de limiter ce droit aux hétérosexuels.

Douze grandes institutions financières internationales dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse, avaient volé au secours de QT, arguant qu’une politique de recrutement « diversifiée » était vitale pour attirer les meilleurs talents.

Michael Vidler
Michael Vidler, l’avocat de la Britannique @ AFP

L’avocat de QT, Michael Vidler (du cabinet Vidler & Co., specialistes des questions LGBT à Hong Kong), avait expliqué qu’il ne demandait pas aux services de l’immigration de reconnaître le mariage gay mais de lui octroyer « le droit de vivre avec sa conjointe ».

Pour le gouvernement, David Pannick avait déclaré que « le mariage créait un statut » qui justifie à lui seul un traitement différent pour les couples hétérosexuels et homosexuels.

Mariage pour tous : les mentalités évoluent lentement

L’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1991 et les groupes conservateurs, dont la figure de proue n’est autre que Roger Wong, le père de Joshua Wong (les repas de famille doivent être animés) sont très influents à Hong Kong.

Ils ont appelé au boycott d’HSBC après que la banque ait décidé de repeindre ses lions couleur arc-en-ciel et se sont récemment illustrés en obtenant que les bibliothèques mettent les livres pour enfants « à thème LGBT » hors de portée … des enfants.

Mais les esprits évoluent vite : Hong Kong organisera les Gay Games en 2022 tandis que Pink Dot, l’événement qui célèbre « l’amour pour tous » a accueilli plus de 10.000 personnes en 2017 (lire l’interview de la française Betty Grisoni a ce sujet.)

D’après une étude publiée par l’Université de Hong Kong, 50% des hongkongais se disaient favorables au mariage entre personnes du même sexe (contre 38% en 2013).