Nathalie Decoster Pacific Place

Nathalie Decoster expose ses œuvres dans les grandes villes du monde entier. Peut-être avez-vous même déjà croisé son personnage Messager, lors d’une grande exposition en 2012, à Chater Garden et Statue Square dans le quartier de Central.

Cette fois-ci, c’est à Pacific Place qu’elle expose une sculpture monumentale dans le cadre du French May. Rencontre avec une sacrée bonne femme !

Nathalie, peux-tu nous présenter la sculpture que tu exposes à Pacific Place ? 

“Consciousness” est une invitation à la méditation et au rêve par la représentation de petits personnages que nous sommes dans les nuages suspendus dans l’espace.

Consciousness

Ce petit bonhomme – que l’on découvre en s’approchant de près – qui est-il ?

Le “Messager” est l’être humain que nous sommes tous, vous, moi. Il est toujours inclus dans une forme géométrique, cercle, carré, cube, mobile parfois. Il représente la relation de l’homme face au temps, la fragilité humaine mais aussi le partage des idées.

Il peut être suspendu par les bras, les pieds, en haut d’un ressort, aux aléas du temps et rappelle toujours que chacun a le droit de “décrocher”…

messager Nathalie Decoster

Pourquoi avoir de nouveau choisi Hong Kong pour présenter une œuvre ?

J’aime beaucoup Hong Kong et l’énergie qu’elle procure. C’est une ville où j’apprécie de travailler avec un rythme soutenu qui permet de voir naître les projets avec une certaine rapidité, apportant de la magie à la naissance d’un projet.

Cela ne m’empêche pas de me réserver quelques moments volés et d’inviter les autres à faire de même à travers mes messages artistiques. Une mission qui a vraiment du sens ici.

Pourtant, c’est justement une ville ou jamais personne ne décroche, non ? 

C’est excitant de se dire que les messages que je véhicule ont une véritable utilité ici. Je vois d’ailleurs le public y réfléchir sérieusement lors de mes présentations, sentir des perspectives, s’ouvrir à travers les prises de conscience que je leur fait partager.

Peux-tu nous en dire plus sur la conception de “Consciousness” ? 

J’ai d’abord fais un croquis de l’œuvre. L’architecte en chef des Aéroports de Paris et moi-même avons déterminé la taille de l’œuvre en fonction de l’emplacement choisi.

Ensuite toute une équipe a travaillé à mes côtés pour réaliser cette œuvre. Il y a beaucoup de métiers différents impliqués dans ce processus (moulage de mon personnage pour le réaliser en bronze, ingénierie, fonderie, métallurgie, cabinet de contrôle sécurité, etc.).

Fabrication sculpture Nathalie Decoster

Les personnages et le parallélépipède sont réalisés en bronze, avec une structure interne en inox. Les nuages, eux, sont en inox poli.

Ce doit être un sacré défi logistique pour transporter l’œuvre ?

Oui, d’autant que je ne voulais voir apparaitre aucune vis, ni système de fixation. Cela nous a contraints à monter à 5,50 mètres de haut pour pouvoir fixer les structures.

Les deux commissaires d’exposition Agnès Mabille et Camille Chaumette ont fait un travail remarquable de scénographie autour de la sculpture pour plonger le public dans mon monde artistique, mon univers de création, associé à mon partenaire Paris aéroports.

Comment s’est passée l’installation nocturne ?

Il a fallu beaucoup de rigueur et de concentration. Une bonne vingtaine de personnes y ont passé la nuit. Beaucoup d’émotion – et de partage aussi – face aux difficultés à résoudre et à l’importance de l’installation à mettre en place.

Installation Nathalie Decoster Consciousness

L’expertise d’Agnès Mabille et de Camille Chaumette dans l’organisation d’expositions monumentales, dans des lieux ouverts au public a beaucoup aide.

Que va-t-il advenir de la sculpture après le 27 mai ?  

Paris aéroports m’a commandé cette sculpture, qui va rejoindre deux autres de mes œuvres qui sont déjà en place depuis 2014 au terminal 2E de Roissy-Charles de Gaulle.

Une sculpture dans un aéroport : Qu’est-ce que cela apporte aux voyageurs ?

Cela représente un moment où le voyageur peut s’évader en voyant des œuvres et il est invité à réfléchir aux phrases philosophiques qui sont proposées sur le socle. Un moyen de commencer à faire voyager le public en attente…

Nathalie Decoster aeroport Paris

Et pour toi, Nathalie, cela évoque quoi les aéroports ?

Prendre un avion est un moyen de m’évader en étant coupée du monde extérieur. Je suis alors dans ma bulle, un moment idéal pour réfléchir et concevoir des œuvres.

Je prends toujours mes carnets de croquis dans l’avion et atterris souvent avec l’avancement d’un projet ou la matérialisation d’une idée.

Être exposée à Hong Kong et à l’aéroport de Roissy, c’est aussi un moyen d’attirer l’attention des collectionneurs chinois ?

J’ai été ravie de cette proposition de présenter cette œuvre à Hong Kong où j’ai constamment des nouveaux projets depuis mes installations d’œuvres en 2012.

Je suis vraiment attachée à l’échange culturel que je réalise entre la France, mon pays d’origine, avec Hong Kong et la Chine, où je prends racine avec mon travail.

Hong Kong est désormais une plaque tournante de l’art en Asie. Y a-t-il des foires d’art contemporain auxquelles tu aimerais participer ?  

Je respecte le travail des galeries et opérateurs des foires mais je ne me sens pas très à l’aise pour y apparaitre. C’est une approche très commerciale de l’art dans laquelle je ne me sens pas en phase. Par contre je vais souvent écouter les talks si enrichissants qui y sont présentés.

Dans quelles autres villes, peut-on admirer tes œuvres 

Pour ce qui est de la Chine, il y a sept de mes œuvres dans le centre commercial de Tai Ko Li, à Chengdu. “Le temps qui passe” (l’œuvre emblématique de Nathalie Decoster), une sculpture de 7,50 mètres de haut, est exposée près du Jin Han temple à Shanghai.

A Hong Kong, il y a une de mes sculptures dans la tour 535 à Causeway Bay (l’immeuble en face du fameux bar à lapins) et une autre dans les jardins de la luxueuse résidence Bel Air. Et il y aura aussi bientôt une œuvre à la sortie d’une station de Metro à Shenzhen.

J’ai une œuvre monumentale visible dans la rue qui mène au Musée de la sculpture de Sao Paulo, un magnifique musée contemporain, et bien d’autres à Paris et ailleurs.

Ma prochaine exposition est prévue pour l’été 2019 dans un village de Toscane, en Italie.

Nathalie Decoster Temps qui passe Shanghai

La sculpture et l’installation sont visibles à Pacific Place jusqu’a dimanche soir (Sortie F du MTR à Admiralty, en face Le Pain Quotidien).

www.nathaliedecoster.com  
facebook.com/nathaliedecoster.sculpteur

Propos recueillis par Pierre-Yves Dupuis ; nous avons repris un extrait de la fiche technique du fabriquant des pièces en inox ayant travaillé sur l’exposition de Sao Paulo.