Hong Kong refuse son visa à un journaliste britannique

Journaliste Victor Mallet et Andy Chan
Victor Mallet et Andy Chan / AP

Les autorités hongkongaises ont donné une semaine à un journaliste du Financial Times pour quitter le territoire, après avoir refusé de renouveler son visa de travail.

Rédacteur en chef pour l’Asie du Financial Times, Victor Mallet est également vice-président du Club des correspondants étrangers (FCC).

En aout dernier, Victor Mallet avait suscité l’ire des autorités chinoises et hongkongaises en invitant Andy Chan, dirigeant du Parti national de Hong Kong (HKNP), minuscule formation indépendantiste, à une conférence du FCC.

Les autorités hongkongaises avaient sans succès tenté d’obtenir la déprogrammation de cette conférence, qui avait finalement été animée par Victor Mallet.

Au cours de sa conférence au FCC (en intégralité ci-dessous), Andy Chan Ho-tin avait accusé la Chine de chercher à annexer et à détruire l’ex-colonie britannique.

FCC Club Lunch: Andy Chan Ho-Tin, Convenor, Hong Kong National Party, on Hong Kong nationalism.

Thanks for joining us. Andy Chan of the Hong Kong National Party will talk about being at the helm of a movement trying to construct a national identity for Hong Kong, and his reaction to the strong pushback from the government faced by his party.

Posted by The Foreign Correspondents' Club, Hong Kong on Monday, 13 August 2018

Depuis, le Parti national a ete interdit, suite à la demande de la police hongkongaise, et il ne se passe pas une semaine sans que Leung Chun-ying (CY Leung) ne demande à ce que le FCC soit expulsé du bâtiment qui l’abrite.

Le FCC, qui par le passé a invité des responsables chinois à s’exprimer, a néanmoins rappelé qu’il ne prenait pas parti et n’était attaché qu’à la liberté d’expression.

Non-renouvellement du visa de travail de Victor Mallet

Victor Mallet a donc appris la semaine dernière que son visa de travail hongkongais n’était pas renouvelé. Lorsqu’il est revenu à Hong Kong dimanche 7 octobre après un déplacement, il n’a reçu qu’un visa de tourisme de sept jours.

La quasi-expulsion de M. Mallet est donc perçue comme une sanction, d’autant que les services de l’immigration ne lui ont donné aucune explication.

En tout état de cause, Victor Mallet s’apprêtait à quitter Hong Kong pour prendre son nouveau poste de chef du bureau du FT de Paris début 2019, selon Le Monde.

【行政長官林鄭月娥見記者】現場直播

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Posted by 香港電台視像新聞 RTHK VNEWS on Monday, 8 October 2018

S’exprimant pour la première fois en public sur ce dossier ce mardi, Carrie Lam a qualifié de « pure spéculation » le lien établi entre le rejet de visa et cette rencontre.

Mais elle a refusé de dire pourquoi le journaliste britannique s’était vu opposer un refus à sa demande de renouvellement de visa, se contentant d’indiquer que les autorités hongkongaises ne font pas de commentaire sur les cas particuliers.

Inquiétudes pour la liberté de la presse

Londres et Washington ont exprimé leurs inquiétudes pour la liberté de la presse.

De grands avocats de la ville ont également demandé des explications lundi, tandis que la Chambre américaine du commerce a prévenu que les entraves à la liberté de la presse pourraient nuire à la compétitivité de Hong Kong.

Une pétition en ligne demandant aux autorités de revoir leur décision a été signée par plus de 13.000 personnes (vous pouvez la consulter ici).

Dans un communiqué, la porte-parole de Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, a estimé que l’affaire constituait un « précédent inquiétant » et « risquait de nuire à la réputation internationale de Hong Kong ».

« En l’absence d’une explication crédible de la part des autorités, cette décision semble politiquement motivée et soulève donc de sérieuses inquiétudes quant à la liberté de la presse et à la liberté d’expression à Hong Kong », a ajouté Maja Kocijancic.