L’immobilier atteint des sommets à Hong Kong

agence immobiliere Tsim Sha Tsui

Les prix de l’immobilier à Hong Kong ont (encore) atteint un niveau record, augmentant pour le 17ème mois consécutif en août (2017).

Les chiffres du gouvernement montrent une augmentation de l’indice des prix de 0,44% par rapport au mois dernier, et de 18% par rapport à juillet 2016.

Les prix de l’immobilier ont progressé de 10,3% depuis le début de cette année, et rien ne semble pouvoir arrêter la frénésie des investisseurs.

Soutenu par des taux d’intérêt d’une faiblesse record, l’immobilier à Hong Kong a vu les prix tripler en dix ans, ce qui en fait donc aujourd’hui la ville la plus chère du monde.

Les autorités hongkongaises tributaires de la politique de la Fed

Certains se demandent probablement pourquoi les taux d’intérêts sont bas à Hong Kong alors que l’économie du territoire est dynamique, que l’inflation est à 2% (et encore, sans prendre en compte les prix du logement) et que les taux d’intérêts chinois sont élevés.

La réponse est simple : le dollar hongkongais est indexé sur le dollar américain depuis 1983 et par conséquent, Hong Kong dépend de la politique monétaire des Etats-Unis.

À l’époque, il s’agissait d’assurer une stabilité alors que l’incertitude régnait autour des négociations entre Londres et Pékin sur le retour de la colonie dans le giron chinois.

La crise de 2008 et la baisse des taux d’intérêts

Mais avec la crise financière internationale de 2008, la Reserve fédérale Fed a abaissé ses taux directeurs à un niveau proche de zéro, politique qui a réduit le coût de l’endettement à long terme pour les consommateurs.

La baisse des taux d’intérêts a donc permis à de nombreux hongkongais de spéculer sur le marché immobilier tout en profitant du boom économique de la Chine.

Par ailleurs, les banques n’avaient pas, à l’époque, l’obligation de demander un apport personnel, l’hypothèque d’un premier bien suffisait à financer le second, etc…

Depuis, la Chine s’est métamorphosée en géant économique et certains pensent qu’un arrimage au yuan chinois serait plus bénéfique.

En outre, la Fed pourrait avant la fin 2018, tourner la page de sa politique monétaire ultra-accommodante et sonner le glas des emprunts à bas coût dans le territoire.

Les prix de l’immobilier baisseront-ils un jour ? 

Mais, cela suffira-t-il à faire baisser les prix ? Une chose est certaine, c’est que le gouvernement hongkongais a échoué (mais le voulait-il ?) à faire baisser les prix de l’immobilier lorsqu’il a réglementé les conditions d’emprunt il y a deux ans.

Tout juste aura-t-il réussi à faire baisser drastiquement le nombre de transactions en 2015-2016, et doucher les espoirs de tous les primo-accédant.

Or, sur un territoire où l’offre est maintenue en deçà de la demande (cela mériterait un article à part), avec un intérêt extrêmement fort des investisseurs institutionnels, très peu taxés, il ne semble pas y avoir dans un futur proche « d’autorégulation » possible du marché.

Reste à savoir si les hongkongais souhaitent un encadrement strict par l’Etat du marché immobilier et si ils voudraient un modèle à la singapourienne. Rien n’est moins sûr.