Polémique autour de la future gare de West Kowloon

construction gare hong kong

La nouvelle gare ferroviaire de Hong Kong, actuellement en construction pres de la station Kowloon, assurera bientôt une liaison à grande vitesse avec la Chine continentale.

Mais elle provoque la colère d’une majorité de hongkongais car le projet stipule qu’une partie de la gare sera considérée comme un territoire chinois.

La loi chinoise imposée sur une partie de la gare

La nouvelle gare de West Kowloon comprendra en effet une zone spéciale sous l’autorité de Pékin. Et c’est la première fois, depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, que les lois chinoises s’appliqueront à un bout du territoire hongkongais.

Des policiers chinois y effectueront les formalités d’immigration, et des douaniers ainsi que les services de sécurité du continent y seront déployés.

Le parlement hongkongais devra transcrire en règlement local ce projet mais cela devrait se faire sans résistance, le legco étant contrôlé par le camp prochinois.

Les autorités chinoises comme hongkongaises expliquent que cet arrangement facilitera la vie des voyageurs. La nouvelle liaison mettra dès l’automne la nouvelle gare à une cinquantaine de minutes de Canton et un quart d’heure de Shenzhen.

gare west kowloon

Mais aux yeux de ses adversaires, ce projet est un nouveau coup porté au statut semi-autonome dont bénéficie Hong Kong en vertu du principe “Un pays, deux systèmes”.

Des Hongkongais se demandent comment ils devront se comporter dans la zone spéciale, s’ils pourront surfer sur des sites interdits en Chine comme Facebook ou Twitter, ou si y porter des vêtements barrés de slogans politiques leur vaudront une arrestation.

L’Etat de droit a Hong Kong : une réalité qui s’effrite…

La “basic law” (mini-constitution) de Hong Kong stipule clairement que les lois chinoises ne s’appliquent pas au territoire, à part dans certains domaines bien précis comme celui de la défense, raison pour laquelle des juristes accuse Pékin d’avoir outrepassé ses pouvoirs.

En 2016, suite à une “interprétation” par Pékin de la loi fondamentale hongkongaise, des députés démocrates et indépendantistes fraîchement élus avaient été disqualifiés pour avoir manifesté leur hostilité à la Chine en prêtant serment.

Et le placement en détention l’année dernière d’étudiants qui avaient pris la tête de l’immense mouvement prodémocratie de 2014 n’a rien fait pour apaiser les inquiétudes.

Les autorités chinoises et hongkongaises assurent pourtant que le système hongkongais n’est pas menacé (on se sent beaucoup plus rassuré du coup).

La dirigeante de l’exécutif, Carrie Lam, a elle, accusé les députés d’opposition d’être des “élitistes” au motif qu’ils jugent que la loi hongkongaise prévaut sur la loi chinoise.

Carrie Lam gare Hong Kong

“Ils ne veulent pas accepter la réalité, le fait que la Chine est l’Etat souverain de Hong Kong”, a ajouté Junius Ho, député pro-Pékin et avocat.

Accélérer l’intégration de Hongkong à la Chine

A l’instar du Pont Hong Kong-Zhuhai-Macao, ce projet de ligne à grande vitesse a pour vocation d’accélérer l’intégration physique de Hongkong à la Chine continentale.

Les autorités chinoises travaillent en effet sur la “Guangdong-Hong Kong-Macao Greater Bay” et rêvent d’une future mégalopole, qui dépasserait celle de Tokyo.

Dans le détail, cette mégalopole réunirait 9 provinces et 2 régions administratives spéciales : le Fujian, le Jiangxi, le Hunan, le Guangdong, le Guangxi, Hainan, le Sichuan, le Guizhou et le Yunnan, d’une part, Hong Kong et Macao, d’autre part.

Dotée d’un espace de 56 500 kilomètres carrés, équivalent à deux fois celui de la Belgique, la “Super Baie” représente une population de 67 millions de personnes.