Andy Chan HKNP hong kong
Sam Tsang / SCMP

Hong Kong a interdit, lundi, le Parti national de Hong Kong (HKNP), une formation prônant l’indépendance de l’ancienne colonie britannique vis-à-vis de la Chine.

Avec seulement une dizaine de membres actifs, le Parti national est une formation très modeste, mais il a su se faire entendre en raison de la radicalité de son discours.

Le chef de file du parti, Andy Chan, s’est refusé à faire dans l’immédiat des commentaires sur cette interdiction, rapporte l’AFP.

Le HKNP est un « risque pour la sécurité nationale »

Le ministre de la Sécurité, John Lee, a justifié cette décision par le risque que représenterait ce parti indépendantiste pour la sécurité nationale.

John Lee a déclaré que le HKNP « avait un objectif clair visant à faire de Hong Kong une république indépendante » et affirmé qu’un tel programme était contraire à l’article 1 de la Basic Law, la « constitution » de Hong Kong.

Il s’est toutefois bien retenu de préciser que l’article 27 du même texte garantit « la liberté de parole, de presse et d’édition, d’assemblée, de réunion, de procession, de manifestation ainsi que la liberté de former ou joindre un syndicat et de faire grève ».

Le ministre a ajouté que le parti avait tenté d’infiltrer les écoles et propagé « la haine et la discrimination » contre les Chinois du continent présents à Hong Kong.

Le parti n’a en outre pas exclu un recours à la force, a poursuivi le ministre, tout en reconnaissant que le HKNP n’avait dans les faits jamais commis de violence.

Restriction des libertés individuelles

C’est la première fois depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 que la Région administrative spéciale interdit un parti politique.

L’organisation Human Rights Watch a jugé cette décision « historique dans les efforts de Pékin et du gouvernement hongkongais contre les libertés hongkongaises ».

Le fait que M. Lee justifie une interdiction préventive, alors même que le parti n’a commis aucune violence, crée « un précédent dangereux » qui pourrait entraîner l’interdiction d’autres formations politiques, a déclaré Maya Wang, de HRW.

Que reste-t-il de la révolution des parapluies ?

Le HKNP a ete fondé en 2016 après l’échec du mouvement des parapluies, une série de manifestations survenues en septembre et octobre 2014.

Depuis, les autorités ont empêché des militants indépendantistes ou pronant l’auto-détermination comme Agnes Chow de se présenter aux élections, quand d’autres, élus au LegCo, ont purement et simplement été déchus de leur mandat.

Le chef de file des indépendantistes Edward Leung a été condamné en juin à six mois de prison pour son rôle dans des émeutes qui avaient embrasé Mongkok en 2016.

Andy Chan FCC Hong Kong
Andy Chan au Club des Correspondants (FCC) à Hong Kong le 14 août 2018 @ Paul Yeung / REUTERS

« Nous sommes une nation qui est en train de se faire rapidement annexer et détruire par la Chine », avait déclaré le mois dernier Andy Chan lors d’une conférence au FCC (Club des correspondants étrangers) en accusant Pékin de se comporter en maître colonial.

De nouveaux Indépendantistes

Ce nouveau coup de massue aux libertés individuelles à Hong Kong pourrait davantage nourrir les velléités indépendantistes, explique The Washington Post.

« le sentiment que Pékin revient sur sa promesse de semi-autonomie et sape les élections libres et la liberté d’expression à Hong Kong nourrit une génération de jeunes militants demandant plus d’autonomie ou même une indépendance totale”.