La diplomatie Chinoise a demandé, il y a quelques mois, aux Missions diplomatiques et consulaires, basées à Hong Kong de retirer « Macao » de leurs noms (et vice versa).

C’est une question de bon sens, expliquent les autorités chinoises, qui souhaitent que seul figure dans le nom d’un consulat, la ville dans laquelle il est basé.

Toujours selon les autorités, ce changement de dénomination ne remet pas en question le rôle des missions consulaires dans chacune des deux Régions Administratives Spéciales. En clair, le nom change(ra) mais les attributions restent les mêmes.

Les Chinois sont-ils en droit de demander ce changement de nom ?

La Chine s’appuie, pour cela, sur le statut international des consulats et des consuls, fixé par la convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963.

Selon Wikipedia, l’ouverture d’un poste consulaire est toujours liée au consentement de l’État accréditaire (ou d’accueil). Le consul est nommé par le chef de l’État d’envoi et ne peut exercer sa mission qu’après avoir reçu l’exequatur du pays d’accueil.

D’après le SCMP et le HKFP, qui ont dévoilé l’affaire, la demande date de plusieurs mois et aucun Consulat Général n’a, à ce jour, entrepris de faire évoluer son nom officiel.

Qu’est ce que cela changerait pour les français ?

Le consul General de France à Hong Kong et Macao, Eric Berti, nous a confirmé avoir reçu cette demande et être en train de l’examiner. En cas de changement de nom, un futur « Consulat Général de France à Hong Kong » couvrirait toujours Macao.

C’est déjà le cas pour toutes nos représentations de Chine continentale, qui couvrent chacune plusieurs villes et provinces. Le consulat français de Canton, par exemple, est compétent pour les provinces du Guangzhou, Fujian, Guangxi et de Hainan.

Dans le cas qui nous occupe ce serait légèrement différent puisqu’on ne se déplace pas à Macao sans passeport (sauf pour les résidents permanents hongkongais).

Macao compte actuellement 500 residents francais, Si une telle mesure devait passer on imagine aisément que la communauté pourrait se sentir déconsidérée. Le consulat y tient une permanence mensuelle, dans les locaux de l’Alliance française (le calendrier est ici).

La Chine veut renforcer ses relations avec les pays lusophones

Selon l’universitaire Wilson Chan Wai-shun, cette décision de la Chine vise à renforcer la position diplomatique de Macao, qui ne compte, à l’heure actuelle, que 4 consulats généraux sur son territoire (il y en a 62 à Hong Kong).

Pékin voit aussi en Macao une opportunité pour développer ses relations diplomatiques avec le monde lusophone (les pays qui ont le portugais comme langue officielle).

Reste qu’on ne voit pas quels pays seraient susceptibles de transférer leur Consulat General de Hong Kong jusqu’à Macao. Quant à ceux qui auraient les moyens d’opérer deux Consulats généraux dans la région, ils se comptent sur les doigts de la main.

Pour l’anecdote, la France a présenté, le 27 avril dernier, sa candidature à la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), en tant qu’Etat observateur.