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Créé début octobre par un groupe de cinq lycéens français, Gweilo est un journal en ligne, une plateforme artistique se voulant lien des divers talents d’une communauté, dont la grande chance est d’habiter la « vibrante » Hong-Kong.

Bonjour à tous les cinq, est ce que vous pouvez nous parler de votre projet ?

Nous habitons à Hong Kong, certains depuis leur naissance, mais paradoxalement, un monde nous sépare des hongkongais. Nous vivons dans une bulle d’expatriés européens et n’avons presque aucun contacte réel avec les locaux. Ce mur entre nos communautés nous distance les uns des autres, conduisant à des stéréotypes, des préjugés.

D’où le terme cantonais “Gweilo” (鬼佬, prononcez [kʷɐ̌i lǒu]), signifiant diable étranger. 鬼 signifie fantôme d’après la couleur de la peau et 佬 signifie homme, individu. Et si vous voulez une explication plus pointue, rendez-vous sur l’article du Professeur Porphyre.

Cependant, ce terme a perdu sa connotation péjorative mais non pas sa présence dans le dialecte hongkongais. Le journal Gweilo permet ainsi de rendre hommage à la ville de Hong Kong, de mettre en avant les talents, les expériences, les opinions, usant de la diversité et de l’ouverture d’esprit que nous offre cette ville.

En clair, nous cherchons à redéfinir le mot “Gweilo” au travers de ce journal, et montrer que nous sommes plus que des petits diables étrangers.

Sidney, tu es la rédactrice en chef, peux-tu nous présenter ton équipe ?

Zoé Manset, Edouard Chardot, Céleste Judet, Logan de Raspide Ross, Sidney Jones
Zoé Manset, Edouard Chardot, Céleste Judet, Logan de Raspide Ross et Sidney Jones

Sidney : Gweilo n’aurait pas vu le jour sans l’engagement de tous ceux qui forment cette équipe. J’ai eu l’idée du journal l’année dernière et j’ai créé le site en mettant le projet en forme. Mon amie Zoé, notre douairière de 17 ans, m’a encouragé à lancer le journal dans lequel elle officie maintenant comme chroniqueuse (Zoe’s uncertainties) et éditrice.

J’ai ensuite présenté le projet à Edouard et Logan, deux de mes amis de 16 ans en filière scientifique comme moi. L’intérêt littéraire, culturel ainsi que la détermination d’Edouard ont été essentiels à Gweilo, tout comme la grande créativité de Logan.

Ils jouent tous deux le rôle d’éditeurs et d’auteurs tandis que notre benjamine Céleste, élève de 15 ans, se charge de la communication et des liaisons avec l’équipe artistique (dirigée par Jessica Cathala) en plus d’écrire pour Gweilo des poèmes sensibles, empreints d’ironie et bientôt une chronique d’interviews “spéciales Gweilo”.

Nous avons tous des ambitions et des centres d’intérêts différents : Logan voudrait faire de l’astrophysique, Céleste du droit, Edouard du théâtre, moi-même des sciences politiques et Zoé part à la fin de cette année étudier l’histoire de l’art. Malgré tout ça, la même motivation et le même amour de notre ville nous habitent.

Est-ce un “journal lycéen” ou un journal pour tous ?

Team : Nous avons créé Gweilo dans le but de donner un espace à chaque adolescent de notre communauté pour s’exprimer. Cependant, l’adolescence présente des milliers de facettes qui sont inappropriées dans un cadre académique.

Affilier le journal à un lycée revenait pour nous à supprimer une grosse part de l’authenticité et de la sincérité de nos contributions. Bien que beaucoup de nos contributeurs soient de jeunes gens, nous considérons que Gweilo est un espace pour toute la communauté francophone et anglophone de Hong Kong.

Quel sera votre rythme de publication ? Pourquoi publier en deux langues ?

Nous publions sur le site de Gweilo deux fois par semaine, le dimanche et le mercredi.

Nous avons tous grandi en parlant deux langues puisque la plupart d’entre nous (et des lecteurs auxquels nous nous adressons) ont beaucoup voyagé. Pour certains, c’est leur langue natale. Le choix de publier en anglais et français nous paraissait donc logique.

Suite de l’interview sur la page #2