Une île artificielle pour loger un million de hongkongais

Ile artificielle Hong Kong

Un think tank, dirigé par l’ancien (et premier) chef de l’exécutif Tung Chee-hwa, propose la construction d’une immense île artificielle, située à l’est de l’ile de Lantau, afin de remédier à la crise du logement à Hong Kong.

Le procédé n’a rien de nouveau : le premier projet de terre-plein a été réalisé en 1887, et 120 km2 du territoire hongkongais ont depuis été aménagés grâce à cette technique.

Cette fois ci le projet est ambitieux : il s’agit de bâtir la métropole d’East Lantau, sur une gigantesque île artificielle, englobant Peng Chau, Jei Ling Chau et Kau Yi Chau.

Une île artificielle de 2200 hectares

L’idée n’est pas nouvelle, elle émane du gouvernement, mais Hong Kong Foundation la reprend à son compte, et propose de porter la taille de cette ile à 2200 hectares.

Le projet, d’une taille équivalent à 110 fois la surface de Victoria Park, serait un « game changer » promet Tung Chee-hwa, et permettrait de loger 1,1 million de personnes d’ici 2040, grâce à la construction de 400,000 logements.

projet ile artificielle Hong Kong
@ SCMP / Our Hong Kong Foundation

Il faudrait environ 14 années pour mener ce projet à bien. Le coût total, incluant la construction des infrastructures de transport, est évalué – hors inflation – à 60 milliards d’euros, soit un peu plus de 2700 euros par mètre carré.

Si le chiffre peut faire bondir, le scandale est plus écologique que financier (qu’importe, les caisses sont pleines). Les dommages causés à l’environnement seraient irréversibles.

Dans leur grande bonté, les membres du Think Tank, que l’on devine assez proches des grands groupes de constructions, promettent d’épargner l’habitat des dauphins roses, qui auront, de toutes manieres, probablement disparu d’ici-là.

Pourquoi ne construit-on pas plus dans les Nouveaux Territoires ?

Cette politique d’expansion via des terrains gagnés sur la mer parait surprenante voire aberrante étant donnée la surface foncière disponible dans les Nouveaux territoires.

Friches nouveaux territoires Hong Kong
@ SCMP

On estime que 1215 hectares de friche industrielle sont actuellement utilisés pour des opérations de logistique illégale (stockage, décharges de déchets d’équipements électriques et électroniques toxiques). De même, les trois promoteurs principaux de la ville y disposent de 860 hectares de terrains encore non exploités.

Seulement voilà, comme l’explique Justin Heifetz, les Nouveaux territoires sont contrôlés par le Heung Yee Kuk, une assemblée de conseillers de village élue, à l’époque de la colonisation britannique, pour représenter les intérêts fonciers des autochtones.

Le « Kuk » sur lequel le gouvernement n’a aucune autorité, règne toujours sur ces friches et ces villages, main dans la main avec les triades. Des lors, on comprend mieux pourquoi l’avenir de Hong Kong repose, en partie, sur la construction de terrains artificiels.

L'aéroport international de Hong Kong
L’aéroport international de Hong Kong @ Wikipedia

A ce jour, c’est l’aéroport de Chek Lap Kok qui détient le record de la plus grande île artificielle (née de la réunion des deux îles de Chep Lap Kok et Lam Chau). Lorsque la troisième piste sera achevée, la superficie de l’aéroport devrait avoisiner 1900 hectares.

Reste qu’avec le changement climatique qui s’accélère, on se prépare à des lendemains difficiles dans une ville construite au niveau de la mer…