airbnb hong kong

Après New York et Barcelone, Hong Kong se met en guerre contre les plateformes type Airbnb, accusées d’avoir accentué la crise du logement.

Le gouvernement s’apprête à adopter des mesures de rétorsion telles, que Airbnb panique et demande à ses utilisateurs de signer une pétition.

Ce que la nouvelle réglementation prévoit :

Le projet de loi (Hotel and Guest House Accommodation Amendment Bill), introduit trois changements majeurs par rapport à la loi originelle votee en 2014 :

1 – Tout loueur de meublé touristique doit être enregistré et disposer d’une « Guesthouse Licence ». Chaque logement devra être homologué et disposer de sa propre licence.

N.B. Disposer d’une licence pour des locations de moins de 28 jours est déjà une obligation. Vous pouvez consulter la page dediee sur le site du gouvernement.

En realite, les regles qui s’appliquent en la mnatiere sont tellement contraignantes (et récapitulées dans ce PDF de 22 pages – bonne lecture !) que tres peu de loueurs Airbnb semblent detenir le precieux sesame a Hong Kong.

Certains contournent l’obstacle en demandant à leurs hôtes de stipuler qu’ils sont des amis. Une autre astuce plus élaborée, et détaillée sur ce forum, consiste pour les propriétaires à faire signer aux « locataires », un bail d’un mois (ce qui n’en n’est pas moins illégal). Quant à la sous-location elle est tout bonnement interdite.

2 – La simple présence de votre logement sur une plateforme type Airbnb (avec ou sans photo) constituera une preuve aux yeux de la justice.

3 – Les propriétaires et les locataires du dit-logement pourront être poursuivis (on ne sait pas si dans la loi, le terme « tenant » désigne le locataire qui sous-loue illégalement son appartement ou si cela signifie que les voyageurs pourront aussi être sanctionnés).

Est-ce que je risque la prison en louant sur Airbnb ?

OUI – Ceux qui louent leur logement sur Airbnb s’exposent actuellement à une amende pouvant aller jusqu’à 200 000 HK$ (22 500 €) et risquent deux ans d’emprisonnement.

Selon le SCMP, 14,416 inspections ont ete conduites en 2017, mais seulement 158 personnes ont ete poursuivies par la justice. Parmi elles, 129 personnes ont été condamnées, principalement à des amendes et à de la prison avec sursis.

Le nouveau projet de loi prévoit de porter l’amende à 500 000 HK$ (56 300 €) et la peine maximale d’emprisonnement passerait a trois ans,. Vous êtes prévenus,

Les vrais chiffres d’Airbnb à Hong Kong

Airbnb comptabiliserait 5.000 hébergements à Hong Kong. C’est relativement peu par rapport à Paris qui, d’apres Le Figaro, en compatibilse au moins 70.000 (en 2017).

Un hôte loue en moyenne 38 nuitées par an à Hong Kong et gagnerait en moyenne $25,600 $ (2.900 €). Sur les douze derniers mois, entre 450,000 et 600,000 voyageurs auraient dormi dans un logement loué sur Airbnb.

La plateforme semble être ici une alternative aux hôtels considérés comme trop chers. En 2017, le prix moyen d’une chambre d’hôtel à Hong Kong s’élevait à 1,288 $.

Les hôteliers crient à la concurrence déloyale

chambre Royal Garden Hotel Hong Kong

Comme partout dans le monde, les hôteliers crient à la concurrence déloyale – sans en faire la démonstration – et écrivent soutiennent ce nouveau projet de loi.

Pourtant, les chiffres indiquent que Airbnb est, avant tout, une activité de particuliers à Hong Kong. En d’autres termes, des résidents proposent leur logement sur Airbnb mais il y aurait peu d’appartements proposés, en permanence, en location de courte durée.

En 2017, il y avait en moyenne 300 logements proposés quotidiennement à la location sur Airbnb, contre 79,000 chambres d’hôtels. Avec un taux d’occupation de 90%, on comprends mal comment les hôteliers pourraient souffrir de la concurrence.

Airbnb aggrave-t-elle la crise de l’immobilier ?

En revanche il n’est pas exclu que l’essor d’Airbnb déséquilibre le marché immobilier hongkongais, qui atteint deja des sommets.

On ne sait pas combien appartements auraient été soustraits du marché locatif de long terme – depuis 2008 – mais il est vraisemblable que les hôteliers et les gouvernement joueront sur cet argument lors de la présentation du projet de loi.

Airbnb lance sa propre pétition

Dans un geste quasi-désespéré Airbnb appelle donc les Hongkongais à faire pression sur le gouvernement afin qu’il reconsidère son projet de loi, via cette pétition.

Fait notable, si le projet de loi était voté en l’état, Hong Kong serait la seule « ville mondiale » à interdire à la fois Uber et Airbnb. Tout un symbole.