Les derniers fabricants de néons à Hong Kong

neons YellowKorner Hong Kong
@ YellowKorner

À l’occasion de la fête du travail, demain, l’AFP a dressé une liste des métiers condamnés à disparaître à travers le monde, en raison des mutations technologiques. Et dans cette liste, figure en bonne place la noble profession de fabricant de néons de Hong Kong.

Nous avons choisi de nous intéresser à Wu Chi Kai, un des tous derniers artisans (Jean-Pierre Pernaut on pense très fort à toi) qui fabriquent des néons à la main.

Cela fait 30 ans qu’il produit ces néons qui définissent le paysage urbain de Hong Kong. Les énormes enseignes clignotantes qui hérissent les façades des immeubles font de la publicité pour tout, des restaurants aux clubs de majong en passant par les massages.

Mais les enseignes LED, plus lumineuses, sont devenues au fil des années plus populaires. Elles sont également plus faciles à entretenir (et davantage nuisibles à l’environnement).

Wu Chi-kai hong kong

Il faut dire que le gouvernement hongkongais a donné l’ordre de descendre certains néons vintage, jugés dangereux, afin que les touristes égarés un jour de typhon ne se prennent pas en pleine poire un vieux mérou rouillé et fluorescent.

Et, malheureusement pour Wu Chi Kai, il faut désormais compter avec les panneaux vidéo qui remplacent les immenses publicités sur les murs. La transformation de quartiers tels que Causeway Bay est, en la matière, impressionnante/remarquable/triste (au choix).

ecran LED Sogo Hong Kong

L’an passé, Sogo a ainsi inauguré l’écran LED le plus grand d’Asie. Il est tellement grand (19 mètres de haut sur 72 mètres de large) qu’il n’existe aucun endroit avec assez de recul pour le voir entièrement de face. On ne peut le photographier que sur les côtés 🙂

Et ces écrans géants, ont un double avantage : en plus de provoquer des crises d’épilepsie aux passants altermondialistes, certains sont interactifs. En 2015, Mcdonald’s a ainsi lancé une application iPhone pour jouer sur l’écran de Russell Street, en face de Times Square.

Jeu Mcdonalds Russell Street

Tout cela fait que la demande pour les néons de M. Wu baisse. Mais l’artisan de 50 ans continue malgré tout à tordre ses tubes de verre colorés de l’intérieur par de la poudre fluorescente sur des brûleurs, à des températures de 1.000 degrés Celsius.

« Pouvoir tordre des tubes raides pour leur donner la forme que je veux, puis de les faire briller, c’est amusant », raconte-il à l’AFP.

Au plus fort de la vogue des néons, dans les années 1980, seule une trentaine d’artisans en maîtrisaient l’art. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une dizaine.

Wu Chi-kai

Mais, dit M. Wu, la nostalgie commence à revenir pour leur lumière plus douce et certains clients demandent des pièces pour décorer leur intérieur. « J’ai travaillé avec les néons toute ma vie. Je n’arrive pas à imaginer ce qui m’irait mieux ».

Le festival Lumières Hong Kong, créé à l’initiative de Julien-Loïc Garin, est d’ailleurs né de cette volonté de préserver le patrimoine visuel et culturel de notre ville. 

La photo d’illustration est disponible chez Yellowkorner et la série de reportages intitulée « Les métiers d’hier condamnés à disparaître » est en libre accès sur lepoint.fr.

Contact : Neon Factory, 2F Block 1, Kingswin Industrial Building, Chun Pin St, Kwai Chung