Interview du consul général de France, Eric Berti

Le Consul général de France à Hong Kong, Eric Berti
Le Consul général de France à Hong Kong, Eric Berti @ Consulat général de France

Eric Berti, le Consul général de France à Hong Kong et Macao, termine son mandat le mois prochain. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la fête Nationale du 14 Juillet, pour dresser le bilan de ses trois années passées à Hong Kong.

Qu’est-ce qui vous a fait venir à Hong Kong ?

Le poste de consul général (CG) à Hong Kong m’a été proposé en avril 2015, alors que j’allais quitter le poste de CG à Sydney. C’est l’un des plus beaux postes de notre réseau diplomatique, un poste qui ne se refuse pas !

Quelle vision aviez-vous de Hong Kong et Macao avant d’être nommé ici ?

Je connaissais un peu Hong Kong et Macao pour y être venu plusieurs fois entre 1997 et 2003 et je connaissais leur dynamisme et leur haut niveau d’exigence, dans la vie comme dans le travail.

Je dois dire que le poste de CG à Hong Kong peut paraître impressionnant vu de loin au regard de l’activité intense du consulat. Il faut soutenir le French May, que j’ai vu grandir d’année en année depuis mes différents postes en Asie ; il faut également accompagner les différents festivals et opérations organisés dans les deux RAS (French Cinépanorama, mois de la Francophonie, mois de l’investissement, Novembre numérique, mois de l’environnement, festival de musique baroque, etc.).

Le consulat doit par ailleurs soutenir une communauté d’affaires particulièrement dynamique, autour de la Chambre de commerce qui est l’une des plus importantes au monde et bien sûr, il faut répondre aux attentes d’une communauté française qui est l’une des plus importantes d’Asie, si ce n’est la première.

Vous revenez tout juste de France ou vous avez accompagné la cheffe de l’exécutif Carrie Lam pour une visite officielle. Comment cela s’est-il passé ?

Cette visite a été un grand succès, d’abord par le fait que Carrie Lam a été reçue au plus haut niveau de l’Etat, et notamment par le Premier Ministre, juste avant que ce dernier ne parte à Shenzhen pour la première étape de son voyage en Chine.

Carrie Lam a rencontré des interlocuteurs intéressés par le dynamisme économique et culturel de Hong Kong, la place toute particulière qu’y occupe la France et les perspectives qu’offrent les projets tels que la Greater bay Area ou les Nouvelles routes de la Soie.

Carrie Lam souhaitait axer son voyage sur l’innovation et ce fut bien le cas : elle a pu visiter les ateliers d’Airbus helicopters à Marignane, où se construit la nouvelle génération d’hélicoptères ; elle a découvert la Station F, le plus grand incubateur au monde où se développent plus d’un millier de start-ups, elle a visité les laboratoires de l’Institut Pasteur, de Polytechnique ou de Medicen à Paris-Sorbonne.

Comment les relations entre la France et Hong Kong ont-elles évolué depuis votre arrivée en 2015 ?

Les relations entre la France et Hong Kong sont à leur plus haut niveau actuellement et quelques indicateurs simples le prouvent : Hong Kong est devenu le premier excédent commercial de la France en 2017, dépassant le Royaume Uni ; la France est la seconde destination des investissements hongkongais en Europe (après le Royaume-Uni) et Hong Kong est le 2e investisseur asiatique en France après le Japon.

La France est également devenue cette même année le quatrième pays le plus familier des Hongkongais après les Etats-Unis, le Royaume Uni et le Japon, devant Singapour ou l’Australie, autant dire que nous ne pourrons jamais faire mieux !

Nous avons eu aussi deux visites de Chef de l’Exécutif en France en deux ans (CY Leung s’y était déjà rendu en juin 2016) : sur les trois visites d’un Chef de l’exécutif hongkongais en France depuis 1997, deux se sont déroulées ces deux dernières années. C’est le signe d’un intérêt sans précédent de Hong Kong pour la France.

Quels sont les sujets de coopération majeurs entre la France et Hong Kong ?

L’un des principaux sujets qui intéressent à la fois Hong Kong et la France est l’innovation.

C’est une priorité pour le gouvernement hongkongais et nous avons souhaité pour notre part, au consulat, faire sortir la France de l’image traditionnelle et romantique confinée au cercle culture-gastronomie-patrimoine, pour montrer que la France est aussi un pays de technologie et d’innovation.

C’était le sens de la création en février 2016 du French Tech Hub de Hong Kong (alors le deuxième créé en Asie après celui de Tokyo) et c’est aussi l’intérêt des expositions So French So Innovative dont la troisième édition s’est passée en avril 2017 ou de la création, cette même année 2017, du France-HKUST Innovation hub. Le message est passé.

La France est ainsi le pays qui a le plus de scientifiques de haut niveau dans l’Institute of Advanced studies créé par l’Université City U en fin 2015 et dont le président est d’ailleurs le prix Nobel français Serge Haroche. C’est aussi le sens des deux visites de chefs de l’exécutif hongkongais en France qui ont toute deux été axées sur l’innovation.

Les élites hongkongaises semblent plutôt francophiles, çà aide ?

Oui, les élites hongkongaises apprécient en effet la France, son art de vivre, son sens de l’universalisme et son ouverture aux autres cultures.

Aujourd’hui, les autorités et les hommes d’affaires hongkongais apprécient aussi la France pour les opportunités qu’elle offre aux investisseurs étrangers et ils saluent un pays capable de se réformer pour mieux répondre aux défis de la globalisation.

On entend dire, parfois, que le poste de CG à Hong Kong s’apparente à celui d’un ambassadeur, pourquoi ?

Le poste de Consul général à Hong Kong suit en effet le même processus de sélection que celui des ambassadeurs.

Tout en étant pleinement intégré dans le réseau des Consuls généraux de la grande Chine, le Consul général de France à Hong Kong jouit d’une plus grande autonomie, qui est le reflet de l’application du concept « Un pays, deux systèmes ».

Avez-vous des échanges fréquents avec l’Ambassadeur de France en Chine ?

Je suis en contact régulier avec l’Ambassadeur de France en Chine et avec les services de l’Ambassade. Nous avons des réunions en visioconférence tous les mois et je vois tous mes collègues Consuls au moins deux à trois fois par an à Pékin ou d’autres villes de Chine.

Nous avons notamment une réunion de rentrée qui réunit les Consuls généraux autour de l’Ambassadeur, chaque année en septembre. Nous organisons également chaque année une réunion conjointe des deux consulats de Canton et Hong Kong pour évoquer de nombreux sujets communs, concernant notamment la Greater Bay area.

Comment s’organise la communication avec les gouvernements hongkongais et chinois ?

La communication avec le Gouvernement hongkongais peut prendre des formes assez officielles, par des notes verbales ou des lettres, mais le plus souvent, elle intervient de façon plus informelle par des rencontres et des échanges, notamment lors de visites de délégations. Les membres du Gouvernement nous connaissent personnellement, ce qui surprend toujours les collègues de Pékin où les relations avec le Gouvernement chinois sont nécessairement plus distantes.

Les rapports sont moins fréquents avec le Commissionner chinois, qui représente ici le Ministère des affaires étrangères chinois et nous n’avons pas de relations directes avec le bureau de Liaison qui est le plus haut niveau de représentation de Pékin à Hong Kong.

Nous pouvons cependant être amenés à effectuer des démarches auprès des services du Commissionner, par exemple pour faciliter des visas pour la Chine. Si le Commissionner est mécontent d’une prise de position du consulat à Hong Kong, il peut convoquer le Consul général autour d’une tasse de thé. Cela ne m’est jamais arrivé depuis mon arrivée.

Comment se passe la coordination avec les autres états membres de l’Union européenne (UE) présents à Hong Kong ?

Nous avons chaque mois des réunions avec nos homologues de l’UE, à plusieurs niveaux (chefs de mission, numéro deux, conseillers culturels ou économiques, consuls).

La coopération est particulièrement étroite lorsqu’il s’agit de définir une position conjointe sur les questions politiques ou de droit de l’Homme, mais nous nous voyons aussi pour définir des actions conjointes, à l’occasion par exemple du salon du livre, de la journée des langues ou de la journée de l’Europe, le 9 mai.

Cette année, nous avons eu également l’important événement « Make Music Hong Kong !», adaptation de la Fête de la Musique, avec la participation de nombreux groupes européens, qui s’est tenu à Tai Kwun en juin dernier dans le cadre du French May.

Comment jugez-vous les relations entre la France et la Chine aujourd’hui?

Les relations entre la France et la Chine sont excellentes aujourd’hui.

Pékin apprécie l’ouverture et la modération des positions françaises et nous avons sur de nombreux sujets des terrains d’action communs, dans le domaine de l’environnement et de la réponse aux dérèglements climatiques, de la lutte contre le protectionnisme ou contre le terrorisme. La France accueille chaque année plus de deux millions de touristes chinois et souhaite voir ce chiffre s’accroître.

Une visite du président de la République, Emmanuel Macron, ou du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian est-elle à l’ordre du jour ?

Carrie Lam a invité M. le Drian et le Premier Ministre à se rendre à Hong Kong et je n’ai guère de doute sur le fait que nos autorités vont être désireuses de venir à la rencontre du Gouvernement et de la communauté française à Hong Kong.

Le Président de la République a pour sa part affirmé son souhait de venir chaque année en Chine durant son mandat et une visite à Hong Kong de M. Macron n’est donc pas du tout exclue.

Le consulat, à travers son site internet et les réseaux sociaux est quasiment devenu un média au service de la promotion de la France et de la culture française, est-ce votre initiative ou une exigence du Quai d’Orsay ?

Dans un monde où la communication passe de plus en plus par la voie électronique et les réseaux sociaux, le consulat se doit d’être très présent sur ce terrain. C’est un bon moyen de relayer les positions de la France, parfois de façon plus informelle.

Nous avons un excellent service de communication au consulat et nos initiatives sont souvent citées en exemple par la direction de la communication du Quai d’Orsay.

Ce Fut le cas pour la vidéo du Nouvel an chinois – qui a fait le buzz a Hong kong et en France et la série « Vis ma vie de Consul général » (dernier épisode en date ci-dessous).

Combien de français vivent actuellement à Hong Kong ?

Hong Kong et Macao comptent actuellement un peu moins de 14000 inscrits mais de nombreux Français ne souhaitent pas figurer sur le registre des Français établis hors de France. Nous estimons le chiffre réel de la population française de 20 à 22.000 à Hong Kong et environ 500 à Macao.

Les chiffres de la communauté française dans les deux RAS ont augmenté de +3% en 2017 mais peut-être assistons-nous à un palier dans la croissance de notre communauté.

Quoi qu’il en soit, nous sommes loin d’être la première communauté étrangère à Hong Kong, contrairement à ce que croient de nombreux Hongkongais du fait de la visibilité de la population française dans la RAS.

Quelle est la proportion de français travaillant à Hong Kong sous contrat local, et combien y a-t-il d’étudiants ?

Nous avons actuellement environ 300 étudiants français à Hong Kong et 700 titulaires de visas vacance-travail. Il est plus difficile d’évaluer le nombre d’expatriés par rapport aux recrutés locaux. La tendance est cependant au remplacement des expatriés par des personnes recrutées localement, ce qui permet d’ailleurs aux Français souhaitant rester à Hong Kong (ils sont nombreux), de ne pas dépendre d’un statut d’expatrié certes parfois plus avantageux mais nécessairement limité dans le temps.

Qu’est qui fait le succès de Hong Kong auprès des jeunes français ?

Hong Kong fascine beaucoup les jeunes Français par son dynamisme et la vitalité de secteurs tels que la Finance, le commerce, l’hôtellerie ou les nouvelles technologies, avec la proximité de Shenzhen.

Hong Kong compte également plus de 260 VIE et nombre d’entre eux restent travailler ici après leur volontariat (lire à ce propos l’interview des gagnants du grand prix VIE).

L’avantage pour un jeune Français de venir à Hong Kong est la possibilité de trouver des postes où ils auront davantage de responsabilités et où ils seront souvent mieux rémunérés qu’en France, même si le coût de la vie est beaucoup plus élevé ici.

Hong Kong ne comporte pas par ailleurs la barrière de langue que l’on peut rencontrer en Chine, l’anglais restant couramment pratiqué et l’important réseau français (CCI, Business France, associations diverses) permet un soutien réel aux nouveaux arrivants.

Quid de Macao ?

Macao offre des opportunités, notamment dans le domaine du tourisme, de l’hôtellerie, ou des compagnies aériennes (Macao compte un nombre non négligeables de pilotes travaillant pour Air Macao ou d’autres compagnies locales.

Le Consulat y effectue chaque mois des permanences consulaires, le samedi, et nous avons même ouvert un bureau de vote à Macao lors des dernières élections !

Avec quelle équipe travaillez-vous au quotidien et comment vous répartissez-vous les tâches entre Consul et les Consuls Adjoints ?

Pour paraphraser le mot de Renaud Muselier en 2003, je serais tenté de dire que le Consul général fait tout et son adjoint fait le reste mais ce serait évidemment présomptueux.

Je peux d’autant plus me consacrer à la communauté française et à l’intense activité de représentation à Hong Kong et Macao que j’ai une adjointe qui fait admirablement « tourner la boutique ».

L’activité sociale, économique et culturelle est telle à Hong Kong et Macao que le Consul général ne peut pas tout faire et nous devons donc établir des priorités. Chaque Consul imprime par ailleurs sa marque et son degré d’engagement dans la vie sociale, pour maintenir, tant pour lui-même que ses collaborateurs, un minimum de vie de famille.

J’ai personnellement trouvé que le poste était particulièrement exigeant en matière de disponibilité, mais je ne le regrette pas car cela a permis de belles rencontre et des expériences mémorables, durant les différents French May, lors des cérémonies des 20 ans de la création de la RAS ou de l’escale de la Vendémiaire par exemple.

Une de vos priorités était le travail d’accueil des visiteurs au consulat. Qu’est-ce qui a été déjà fait à ce sujet et qu’est-ce qu’il reste à faire ?

J’attache effectivement la plus grande importance au bon accueil des Français ou des étrangers se rendant au consulat et tous mes collaborateurs le savent.

Je rends hommage à la fois à la courtoisie et l’efficacité de nos équipes consulaires et à la patience des visiteurs du consulat, qui savent que nous faisons de notre mieux pour les satisfaire, avec des moyens hélas de plus en plus contraints.

Une étude de l’Union des Français du Monde en décembre dernier plaçait le consulat de Hong Kong en deuxième position en termes de proximité entre la communauté française et le consulat. C’est évidemment plus facile à Hong Kong où la communauté se concentre sur 1100 km² qu’en Australie où elle s’étend sur 7,5 millions de km².

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir du bien-fondé de cette enquête, c’est un petit indice qui prouve néanmoins que nos efforts n’ont pas totalement été vains.

Quels sont les chiffres clés de l’activité consulaire à Hong Kong et Macao ?

(NDLR : il existe une infographie intitulee « Que fait votre consulat pour vous ? »)

Gérer le consulat de France à Hong Kong et Macao, c’est un peu comme gérer la mairie d’une commune de 20.000 habitants, en termes d’actes d’état-civils, de passeports ou CNI, de services sociaux, à quoi s’ajoutent les visas, la gestion du registre des Français, les actes notariés et l’actualisation du plan de sécurité, qui ne relèvent pas des mairies en France, le tout avec une équipe dédiée de 10 personnes au plus !

Le consulat réalise ainsi actuellement en rythme annuel 2790 passeports et 153 CNI, 570 actes d’état civil, 720 actes notariés ; il octroie 55 bourses et organise six scrutins (élections présidentielles, législatives, européennes, élection des conseillers consulaires et de l’Assemblée des Français à l’étranger).

Notre plan de sécurité couvre la communauté française et les communautés protégées (tous les agents de la délégation de l’Union européenne par exemple).

En termes d’efficacité, nos agents méritent tous les éloges. Il faut défendre le maintien de nos effectifs déjà réduits au minimum puisque nous effectuons tous ces services avec le même nombre d’agents alors que la communauté a augmenté de 30% en 5 ans.

Comment faire face à cette stagnation des budgets de fonctionnement ?

Une solution est très certainement l’informatisation et la dématérialisation de nombreuses procédures, comme ce sera le cas très prochainement des visas, ou l’application du principe « dites-le nous une fois » qui consiste à créer des plateformes telles que France connect communiquant l’identité numérique des administrés aux organismes publics sans que les usagers aient à rentrer à chaque fois toutes les informations nécessaires.

L’informatisation des postes a toutefois ses limites et il restera toujours nécessaire d’avoir des agents derrière les guichets, l’intelligence artificielle ne faisant pas tout.

Quel est le bilan que vous tirez de votre mandat à Hong Kong ?

Je me suis fixé en arrivant un certain nombre d’objectifs : le premier était rapprocher le consulat de la communauté française, en améliorant l’accueil au consulat, en ouvrant plus largement la résidence à la communauté française et en travaillant plus étroitement avec les associations.

Je pense que la communauté française a effectivement apprécié cette plus grande proximité et cet esprit de service que nous avons entendu instaurer au consulat.

Dans le domaine économique, mon objectif a été de faire mieux connaître les capacités d’innovation française et développer l’esprit d’équipe au sein du « team France » en faisant travailler étroitement ensemble la chambre de commerce, Business France et les Conseillers du commerce extérieur. Les résultats sont là, tant dans le domaine des nouvelles implantations d’entreprise françaises à Hong Kong, que de développement des échanges et d’augmentation des investissements hongkongais en France.

Dans le domaine culturel, j’ai souhaité que le consulat apporte tout son appui à la consolidation financière du French May, à la recherche de nouveaux sponsors ainsi qu’à la valorisation du travail remarquable effectué par l’Alliance française, qui est un partenaire culturel majeur pour la France à Hong Kong et Macao. Ayant par goût un grand intérêt pour le monde maritime, j’ai contribué à créer une section hongkongaise du Cluster maritime français, qui va désormais essaimer en Chine continentale et je ne doute pas que mon successeur aura à cœur de développer cette dimension de notre coopération.

Je pense avoir pour une grande part atteint les objectifs que je m’étais fixés mais je reconnais qu’il est difficile en trois ans de tout faire et donc je fais confiance à mon successeur pour continuer ce travail.

Avez-vous des regrets ?

Je regrette que le Consulat n’ait pas encore atteint le statut de « Consulat vert » mais nous sommes en bonne voie.

Avez-vous été confronté à des difficultés particulières durant votre mandat ?

Je n’ai pas le souvenir de difficultés particulières durant mon mandat. Il y a eu certes des périodes plus sombres, notamment à la suite des attentats de 2015, lorsqu’il a fallu convaincre les touristes et les investisseurs Hongkongais et Chinois de revenir en France.

J’ai trouvé cependant que la communauté française de Hong Kong et Macao a réagi magnifiquement, exprimant sa solidarité et se mobilisant pour appuyer les actions du consulat et en restant dans un état d’esprit volontariste et optimiste.

Quels sont les endroits que vous avez particulièrement aimé à Hong Kong ?

La région de Sai Kung est sans doute l’une de mes préférées à Hong Kong avec ses plages immenses et souvent désertes, ses randonnées, sa côte découpée qui rappelle le sud de la France et ses bateaux de pêcheurs. J’avoue être un peu nostalgique du Hong Kong que j’ai connu il y a vingt ans, avec ses marchés flottants et ses flottilles de jonques. On retrouve un peu de ce Hong Kong traditionnel dans cette région des Nouveaux Territoires.

Qu’est-ce qui vous manquera le plus à Hong Kong ?

Ce sera sans doute la vue extraordinaire du parc d’Aberdeen et de la baie depuis la résidence, ainsi que les promenades tôt le matin dans le country park.

Je dois dire que je ne m’attendais pas à cette proximité avec la nature en arrivant à Hong Kong et c’est un grand privilège d’avoir pu en profiter. Mon prédécesseur a admirablement bien choisi sa nouvelle résidence et je lui en suis infiniment reconnaissant.

Vous retournez au Quai d’Orsay en septembre, qu’allez-vous y faire ?

A mon retour à Paris, je serai affecté à l’Inspection générale des Affaires étrangères, ce qui m’amènera à voyager dans le réseau diplomatique pour voir ce qui peut être amélioré dans le travail des postes et évaluer leurs besoins.

J’espère que mon expérience dans les sept pays où j’ai travaillé sera utile et je ne doute pas que ce sera le cas s’agissant de cette dernière mission à Hong Kong.

Avez-vous des projets personnels ?

Mon premier projet personnel en France est de retrouver le quotidien très terre-à-terre des Franciliens, loin du cadre doré qui est souvent celui des Consuls généraux dans la RAS. Hong Kong m’a appris ce beau principe qui consiste à rendre à la communauté un peu de ce que nous avons reçu et je souhaite le faire en France, en m’attachant en premier lieu aux plus démunis.

Eric Berti, pouvez-vous nous présenter votre successeur ?

Je laisserai Alexandre Giorgini se présenter à son arrivée mais j’ai pu le rencontrer à deux reprises à Paris où il exerce les fonctions de Porte-parole adjoint et nous échangeons de nombreux mails. Je dois dire que je pars l’esprit tranquille car Alexandre est une personnalité très humaine, à l’écoute et ouverte d’esprit. Il arrive à Hong Kong en famille, avec de jeunes enfants, ce qui le rendra encore plus attentif aux questions relatives au lycée français. Il aborde son nouveau poste à Hong Kong avec beaucoup d’enthousiasme et il sera j’en suis sûr très vite adopté par la communauté française de HK et Macao.

Quel message souhaitez-vous donner à la communauté française avant votre départ ?

Simplement de continuer à être ce qu’elle est : une communauté heureuse de vivre et décomplexée, apportant sa touche personnelle à la vie de Hong Kong sans arrogance et avec bonne humeur, ne mettant pas son drapeau dans sa poche mais fière d’être française, sans aucune forfanterie.

Les propos d’Eric Berti ont été recueillis par Pierre-Yves Dupuis, avec l’aide de Matthieu Ly Van Luong.