Alexandra Malandain nous présente Hong Kong a la carte

alexandra malandain

Bonjour Alexandra, qu’est-ce qui t’a amenée à Hong Kong ?

La société Gullivers Travel Agency, le leader du voyage en gros, pour laquelle je travaillais à l’époque m’a envoyée à Hong Kong pour ouvrir leurs bureaux en 2000.

J’ai toujours été très attirée par Hong Kong, par son côté « East meets West », par son histoire atypique, ses gratte-ciels, son accueil et surtout par son dynamisme économique.

Qu’est ce qui a le plus changé ici depuis ton arrivée, il y a 18 ans ?

Hong Kong devient de plus en plus « chinoise » mais je reste bluffée par son dynamisme et par le suspens qui règne règne autour de son futur économique. Les secteurs d’activité changent et le tourisme devrait d’ailleurs bénéficier de ces changements économiques.

Tu fais partie de cette génération qui a plus vécu à l’étranger qu’en France ?

Et oui, je suis née à l’étranger (au Maroc) et ai ensuite vécu au rythme des expatriations de mon père qui travaillait dans le pétrole et de mes propres expatriations (USA, UK, Australie). Nos expatriations familiales n’ont pas été de tout repos (je suis incollable sur les coups d’état et guerres civiles 🙂 )

J’ai quand même vécu quinze ans en France – à Paris et en région parisienne. Mais je réside à Hong Kong depuis 18 ans et je considère que c’est mon « chez moi » maintenant.

Parle-nous du Concept de Hong Kong a la carte ?

La création de Hong Kong a la carte est le fruit de plusieurs concours de circonstances : restructuration de mon ancienne société, ma rencontre avec mon associée Stéphanie Frossard et mon expérience dans le tourisme.

Stéphanie et moi avions dans l’idée de créer une société de visites guidées sur-mesure afin d’offrir à nos clients une découverte de Hong Kong à la fois intéressante (combinant des faits historiques et géopolitiques), divertissante et enrichissante.

Nous avions également décidé de faire les choses de manière sérieuse afin de pouvoir garantir à nos clients un service tip top, de travailler avec l’office du tourisme de Hong Kong et les plus grands groupes de voyagistes internationaux. Une fois la décision prise, tout a été relativement vite : licences, bureaux, fonds, site web et hop c’était lancé…

Donc tu as une liste d’endroits insolites et peu connus du grand public ?

Oui nous avons plusieurs endroits que nous aimons faire découvrir à nos clients. Ces endroits ne sont pas secrets mais quelquefois difficiles d’accès.

Notre valeur ajoutée vient surtout du fait que nous mettons des mots sur les images et indiquons à nos clients ‘où’ regarder ; il faut savoir raconter un lieu ou une histoire pour intéresser ceux qui vous écoutent.

Notre expérience permet également de modifier, si besoin est, l’itinéraire de la visite en cours de route selon les souhaits et impératifs des clients.

Comment fait-on pour réserver ?

Les clients nous contactent par email en nous donnant leurs dates de séjour, le nombre de personnes et si possible leurs centres d’intérêt ou les quartiers à visiter en priorité.

Nous nous chargeons ensuite de créer un itinéraire sur-mesure.

Quels packages sont les plus demandés ?

Il y en a deux : le basique avec la visite des principaux lieux touristiques et bâtiments incontournables de Hong Kong, et l’exploration de l’île de Lantau.

Tu vis dans un de ces endroits exceptionnels ?

En 18 ans, j’ai vécu dans plusieurs quartiers : Mid-levels, Happy Valley, Shek O, Le Peak. Je vis maintenant paisiblement à la campagne, à Lantau.

Je trouve tous les quartiers de Hong Kong assez exceptionnels. Je n’ai plus la vue magnifique que j’avais au Peak mais rentrer chez soi, en ferry, et avoir la plage ou la montagne comme lieux de loisirs reste incroyable.

Tu travailles avec combien de personnes ?

Nous sommes deux associées à plein temps et nous nous sommes entourées de guides commissionnés et de consultants qui nous permettent de faire vivre la société.

Pour être guide ou opérer une agence de voyage, il faut une certification ?

Pour être guide, il faut passer une accréditation délivrée par le Travel Industry Council (TIC). C’est un examen vérifiant à la fois les connaissances du candidat sur Hong Kong, son aisance à s’exprimer en situation réelle, sa compétence dans la ‘gestion’ des clients et des situations d’urgence par exemple.

Une fois le statut de guide certifié obtenu, il faut impérativement travailler en coopération avec une agence de voyage locale (licence délivrée par le Travel Agent Registery).

Pas possible d’être freelance… tout un périple ! Nous avons les deux licences : guides et agent de voyage ce qui nous permet plus de flexibilité.

Combien de clients avez-vous chaque année ?

Depuis septembre 2017 (lancement de la société), nous avons eu plus de 350 clients.

Qui sont-ils ? Comment vous faites-vous connaitre ?

Nos clients sont de toutes nationalités – il y a même des hongkongais – et nous offrons pour l’instant des tours en anglais et en français.

Les francophones sont, pour l’instant, plus nombreux, grâce au succès des deux épisodes de Silence Ça Pousse !, auxquels nous avons participé devant et derrière la caméra.

Des visites sur-mesure, ça ne doit pas être pour tous les budgets ?

Nos tarifs sont vraiment abordables et d’un bon rapport qualité prix. Comme nos tours sont étudiés sur mesure, le prix de la prestation finale dépendra des attentes du client.

Pour vous donner une fourchette de prix. Un tour basique de 3/4 heures coûtera environ 2500 HKD pour 1 à 3 personnes (guide, activités et transport inclus).

Quel est ton meilleur souvenir en tant que guide ?

Il y a déjà eu plusieurs bons moments, notamment l’obtention de cette fameuse licence qui nous a tenu en haleine quelque temps. L’examen pour devenir guide a également été stressant car je préparais l’émission Silence ça pousse ! en parallèle.

Nos clients nous offrent souvent de bonnes rigolades, me retrouver avec l’équipe du racing 92 (47 rugbymen) à Macao reste un très bon souvenir 😉

Quelles sont les meilleures saisons pour visiter Hong Kong ?

Mieux vaut venir entre octobre et mars car les températures sont plus agréables et le temps plus sec. L’été est une période moins conseillée car la chaleur liée à une forte humidité rend l’atmosphère difficilement respirable.

Quels sont tes sentiers de randonnée préférés ?

Il y a énormément de randonnées à faire à Hong Kong. Stéphanie et moi sommes très sportives et adorons emmener nos clients sur les nombreux trails qu’offre Hong Kong.

Stephanie Frossard Alexandra Malandain
@ Stéphanie Stiernon

Le MacLehose Trail dans les Nouveaux Territoires, long de 100 kilomètres, est le chemin de randonnée le plus réputé entre paysages de montagnes, de forêts et de plages offrant des panoramas exceptionnels et des sites insolites tels que les villages fantômes.

Le Lantau Trail est une belle randonnée de 70 kilomètres qui fait une boucle d’est en ouest sur toute l’île de Lantau, et, sur l’île de Hong Kong, il y a le Hong Kong trail à faire.

Longue de 50 kilomètres, cette randonnée offre multitudes de paysages et d’arrêts incontournables à travers le Tai Tam Country Park et le fameux Dragon’s Back.

Nos lecteurs te connaissent peut-être en tant qu’ancienne présidente de l’UFE

Oui j’ai eu envie de me rapprocher de la communauté française de Hong Kong il y a quelques années. On est ce que l’on est et l’appel de la patrie finit toujours par se manifester 🙂 J’ai d’abord rejoint l’UFE (Union des Français de l’Etranger) afin de me faire des amis français. J’évoluais à l’époque dans un milieu très British.

Loin de moi l’ambition d’en devenir présidente, mais les circonstances m’ont donné cette opportunité qui fut très enrichissante.

Avec l’UFE s’est ouvert le monde de l’associatif que je ne connaissais pas et l’envie d’aider les autres, notamment au sein du FAS (Fonds Associatif de Solidarité).

Tu es aussi Conseillère du Commerce Extérieur ; en quoi cela consiste-t-il ?

Mon implication avec les CCE (Conseillers du commerce Extérieur) date d’il y a un peu plus d’un an. Cette organisation m’intéressait de par ses missions plutôt économiques.

Il est question de rayonnement de la France, de la formation des jeunes à l’international, de l’appui aux entreprises et conseil aux pouvoirs publics. Etant dans le tourisme, je partage des informations dans ce domaine avec les services économiques français.

Et comment devient-on CCE ?

On y est invité par le Consulat et le Ministère des Affaires étrangères. La mission est ensuite de 3 ans et renouvelable, à condition de remplir les missions données.

Tu t’es aussi impliquée dans l’organisation du grand prix VIE ; dans quel but ?

Oui car la sensibilisation des jeunes aux métiers de l’international et le Volontariat International en Entreprise (V.I.E.) font partie des missions soutenues par les CCE.

Mais n’y a-t-il pas déjà trop de candidats pour très peu d’offres ?

Il y a 250 jeunes en VIE actuellement à Hong Kong et il est vrai que les places sont chères. Je pense cependant qu’une expérience internationale reste très enrichissante et qu’il faut continuer à en faire la promotion.

As-tu des conseils à donner aux jeunes entrepreneurs qui nous lisent ?

J’assistais, mardi soir, à une réception donnée par Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif en l’honneur des sociétés étrangères ayant ouvert à Hong Kong l’an passé.

J’ai été bluffée par deux choses : le grand nombre de jeunes (25 – 30 ans), leurs dynamismes et l’accueil chaleureux de Carrie Lam à l’encontre de ces jeunes entreprises.

S’ils en ont l’envie et la possibilité, je conseillerais d’abord aux jeunes de venir travailler à Hong Hong (V.I.E, P.V.T) afin de tâter le marché et de se préparer pour éventuellement monter un business ici. Je déconseille par contre de venir sans être préparé, avec l’idée que Hong Kong est un eldorado.

Propos recueillis par Pierre-Yves Dupuis.

Vous pouvez contacter Stéphanie Frossard et Alexandra Malandain par email, via hkalacarte.com ou sur facebook.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité des deux épisodes de Silence, ça pousse” à Hong Kong